Éditorial

Moment d’intériorité

Par Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

La turbulence de nos sociétés nous entraine à un rythme de vie qui nous dépasse. Le temps nous file entre les doigts. On entend souvent dire : Je n’ai pas eu le temps; je n’ai pas le temps, et pourtant… Il nous revient de gérer notre temps de manière à nous accorder des moments d’arrêt, de profiter d’une visite agréable, de savourer un silence où il fait bon descendre en soi pour gouter un temps d’intériorité. Un peu à la manière de Marthe et Marie dans l’Évangile qui se délectent de la présence du Seigneur, chacune selon sa personnalité. À l’exemple de Zachée qui, écoutant sa petite voix intérieure, monte sur le sycomore pour voir passer Jésus, donner à celui-ci la chance de s’inviter lui-même chez soi.

Descends vite, il me faut demeurer chez toi. Quelle invitation surprenante et touchante ! Collecteur d’impôt, Zachée préférait réclamer son dû, exploiter ses concitoyens plutôt que de descendre en lui-même. Et pourtant, ce moment d’intimité avec Jésus porte
fruit. Zachée prend conscience que le fond de son cœur est bonté, ouverture, générosité. Quelle belle découverte pour lui ! L’estime de soi a certainement monté d’un cran, car être à l’écoute du Seigneur nous réserve d’agréables surprises.

À l’école de Jésus, nos jeunes sœurs (scolastiques) apprennent à gérer leur temps. Elles expérimentent l’intimité avec le Seigneur et vivent l’interculturalité dans le respect, l’ouverture à l’autre et le partage des tâches quotidiennes. Un temps de ressourcement et d’intégration du charisme de l’action de grâces missionnaire, une préparation immédiate à leurs vœux perpétuels.

C’est de cette façon que Srs Gisèle et Lise se dévouent auprès de la nation haïtienne. Sr Gisèle, responsable de la publication de la revue Ti-Moun Misyonè, visite les élèves des classes primaires et leur propose des activités. Sr Lise prépare des jeunes à la profession d’infirmière à l’Université catholique de Hinche. Une profession où l’oubli de soi, le dévouement et l’amour du prochain sont de rigueur. C’est une belle réussite d’avoir formé ces jeunes qui sont maintenant prêtes à coopérer pour soulager la souffrance humaine.

De leur côté, les Chinois de la Mission catholique chinoise de Montréal ont célébré 100 ans de fondation. Une occasion de remercier le Seigneur, de fêter et de témoigner leur reconnaissance aux personnes dévouées à leur cause. Une procession dans les rues de Montréal a démontré leur joie et leur appartenance québécoise.

Tous les articles que nous vous présentons dans ce numéro vous parlent d’amour, de joie et d’application amoureuse au service des autres. Prenez le temps de lire et de vous laisser séduire par ces moments de réflexion, d’intériorité. Le Seigneur se glissera chez vous et il se sentira chez lui dans votre cœur.

Bonne lecture.

Dossier - DESCENDRE CHEZ SOI

À l'école de Jésus

Par Audrey Charland

À l’aube de leur départ, je réussis à obtenir un entretien avec les cinq jeunes femmes ayant partagé, dans le courant des dernières saisons, une demeure voisine du couvent des MIC. Malgré la tranquillité apparente de ces religieuses en formation, à l’heure du retour dans leur pays natal, l’on sent poindre, dans les silences méditatifs et les rires, une certaine nostalgie de même qu’un brin d’excitation animant leurs regards et leurs discours. Nul doute que leur séjour À L’ÉCOLE DE JÉSUS les prépara adéquatement à l’école de la vie. Pour elles, la vie missionnaire [ ... ]