Entrevue avec Sylvie Ouellet par Marie-Eve Homier

Violente agitation politique, puissante tempête tropicale, inondations désastreuses… Bien des jours de deuil ont assombri l’année du bicentenaire d’Haïti. Des nations étrangères ont généreusement répondu aux appels de détresse, mais la reconstruction demeure un défi énorme, car les catastrophes naturelles ont aggravé une situation déjà précaire. Bien au-delà de l’urgence des premières semaines, l’aide humanitaire a pour priorité la vie, la sécurité et surtout la dignité des gens, afin de les aider à reprendre en main leur destinée. Voilà ce à quoi Sylvie Ouellet, coopérante pour Oxfam-Ouébec en Haïti, a répondu : présente!

 

Sylvie a mis quelque temps à trouver sa voie, mais puissamment interpellée par les questions environnementales, elle en a aujourd’hui fait son terrain de mission. Et elle ne mâche pas ses mots! « Avez-vous déjà vu un loup entreposer cinq grizzlis pour s’amuser? L’énergie, c’est précieux! Seule l’espèce humaine la gaspille frivolement, consommant beaucoup plus que ce qu’elle remet à la source. Nous avons rompu l’équilibre avec la nature. Comme les dinosaures, nous aussi pouvons être éliminés, car comme eux nous entravons l’évolution. Les OGM, la culture de tissus humains, la recherche sur les cellules souches et les cellules fœtales – c’est jouer à Dieu le Père. Nous avons perdu notre rôle dans la création. Pourtant, on nous a tout donné pour assurer notre subsistance. Notre tâche, c’est d’assurer notre survie et de veiller à la survie de ceux et celles qui viendront après nous. » […]

 

(Le Précurseur, Janvier-Février-Mars 2005, p.16-18)