«Ile étrange et lointaine», telle m’avaient décrit Chiloé, les livres traitant de l’Amérique du Sud et du Chili en particulier. Aussi étais-je anxieuse de vérifier, par moi-même, ces caractéristiques de mon nouveau champ d’apostolat.

Par Fleur-Ange l’Heureux, m.i.c.

Lointain, elle l’est, en effet, cette grande île du sud chilien, à quelques centaines de milles seulement de l’Antarctique.

Étrange, Chiloé mérite également ce qualificatif. Terre de volcans, souvent en butte à des secousses sismiques, elle émerge de l’Océan Pacifique qui déferle sur ses rives des lames pas toujours pacifiques! Nul pays au monde, dit-on, n’a le privilège d’une vue sur la mer aussi vaste et aussi merveilleuse que le Chili. Chiloé bénéficie de cet avantage.

Et ses collines aux teintes de verts variant à l’infini avec le soleil, la pluie, le froid ou le déclin du jour, quel tableau!

La fertilité du sol en fait un petit paradis terrestre. Y poussent en abondance les fleurs, les fruits et toutes sortes de légumes, surtout la pomme de terre. N’est-ce pas de Chiloé que Francis Drake importa des tubercules en Europe, vers 1570?

Les saisons sont ici à l’opposé de celles de chez nous. Arrivées en été, nous avons une température de 65°F au soleil de midi. et pourtant, cet été est exceptionnel parait-il. Que sera donc l’hiver, sans chauffage?  […]

(Le Précurseur, Vol. XXIII, Mai-Juin 1964, p. 115)