19 mai 1948

Vers 8 heures, ce matin, nous sommes à la gare de Ntakataka où se trouve une Mission Catholique. Nous remarquons plusieurs naturels portant ostensiblement un chapelet autour du cou; des femmes et de nombreux enfants se groupent à nos fenêtres. Les Religieuses ne leur sont pas inconnues, aussi nous font-ils leur plus beau sourire auquel nous aimerions bien répondre par un bon mot, mais impossible encore.

À 9h30, nous arrivons à Salima et apercevons immédiatement Mgr J.-M. Saint-Denis qui s’avance vers nous en nous souhaitant très paternellement la bienvenue. Le dévoué Frère Jean-Marie, qui l’accompagne, nous aide à sortir nos bagages par les fenêtres, de braves Noirs s’en chargent ensuite. Nous nous retirons dans une pièce d’un bâtiment voisin de la gare, mis à la disposition des voyageurs, et Monseigneur nous fait partager les provisions apportées pour notre déjeuner.  Inutile de dire que les cœurs sont à la joie! Mais le temps presse si nous voulons arriver à Katete avant la tombée de la nuit, car il reste encore quatre-vingt-dix milles de chemin à parcourir. Deux d’entre nous montent dans la jeep de Monseigneur, les autres trouvent place dans le camion des bagages et nous voilà en route.

Avant de quitter le village, Monseigneur a eu la délicate pensée d’envoyer une dépêche rassurante à notre Maison-Mère […]

 

(Le Précurseur, Septembre-Octobre 1948, p. 630)