Pendant près de 40 ans, les MIC veillent sur les lépreux et lépreuses de l’île Saint-Joseph, leur procurant nourriture, hébergement, soins et réconfort. Après avoir surmonté quantité d’obstacles, les quatre dernières sœurs sont expulsées par les communistes en juin 1952.(1)

(1) GAUTHIER, Chantal, Femmes sans frontières, Éd. Carte blanche, 2008, p. 321
(Le Précurseur, Printemps 2015, p. 10 – Recherche par Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.)

Le vent agite légèrement les arbustes, un silence imposant plane partout: assise au milieu d’une rivière calme et paisible, sous un ciel serein, sous les rayons ardents d’un soleil qui dore de ses feux les ondes aux couleurs d’azur, telle nous apparaît, par un beau jour de mai, l’île de Shek-Lung. Autour, point de bruit, si ce n’est le mouvement des eaux, le bruissement des feuilles, le clapotage des chaloupes qui vont et viennent. Sur l’île, au chant des petits oiseaux qui ont élu domicile non loin de la chapelle, se mêlent des notes douces et graves «San I Fuk Maléa… San I Fuk Maléa… je vous salue, Marie, je vous salue, Marie,…» Les voix sont celles de nos infortunées lépreuses faisant incessamment monter vers le ciel le cri de leur foi et de leur reconnaissance… cette île, à cause du profond silence qui l’entoure et de la tendre piété de celles qui l’habitent, est surnommée «l’Île de la Prière…».

ShekLung2Sur ce coin de terre, ignoré de la plupart des hommes, redouté de ceux qui le connaissent, vivent, souffrent et prient en attendant une vie meilleure, des centaines de femmes atteintes de l’inexorable lèpre. Sur toutes ces figures, horriblement déformées par l’affreuse maladie, mais embellies par la grâce du Baptême, rayonnent la joie et le sourire du bon Dieu. Qu’il est touchant le spectacle qu’offrent aux yeux des visiteurs, ces pauvres déshéritées de la terre dont la vie s’écoule dans la prière et la souffrance chrétiennement acceptée! Qu’il est doux d’entendre ainsi sur les lèvres de nos chères lépreuses, la récitation ininterrompue du rosaire béni!!!

(Le Précurseur, juillet 1923, 
p. 157)